رسائل دكتوراة
French
2018
Contribution à l’étude de la bio-écologie des cécidomyies des céréales et recherche de moyens de lutte
Study of the bio-ecology of cereal midges and assessment of some control methods
Amira Cherif, Jouda Mediouni Ben Jemâa
المعهد الوطني للعلوم الفلاحية - تونس-جامعة قرطاج · تونس
Les cécidomyies des céréales sont considérées parmi les principaux ravageurs du blé, de l’orge et de l’avoine dans la plupart des régions céréalières du monde. Ces ravageurs causent des dégâts considérables à ces cultures tant sur la biomasse que sur le rendement. Au cours de ce présent travail, des prospections ont été réalisées, durant 3 campagnes agricoles successives, afind’identifier et d’étudier la distribution des différentes espèces de cécidomyies dans les champs céréaliers du nord tunisien. L’étude de la bio-écologie de ces insectes ravageurs, l’impact de leurs dégâts sur les plantes infestées ainsi que l’évaluation de quelques méthodes de lutte contre ces cécidomyies ont été aussi les objectifs de ce travail de thèse. Suite à une caractérisation moléculaire, moyennant deux séquences de l’ADN mitochondrial, le cytochrome oxydase cet l’ADNr16S, 3 espèces de cécidomyies ont été identifiées comme infestant les céréales au nord tunisien: la cécidomyie du blé ou la mouche de Hesse Mayetiola destructor (Say, 1817), la cécidomyie à galle de l’orge Mayetiola hordei (Kieffer, 1909) et la cécidomyie de l’avoine Mayetiolaavenae(Marchal, 1895). Ces 3 espèces de cécidomyies sont largement distribuées dans toutes les régions céréalières du nord prospectées: Bizerte, Béjà, Zaghouan, Siliana et Kef,mais avec des fréquences, des taux d’infestation et des incidences plus élevées dans les régions de semi-aride comparés aux régions de subhumide. Durant les 3 années d’études, les taux d’infestations les plus importants ont été observés dans la région de Zaghouan. D’un autre côté, M.hordeis’est montrée comme l’espèce de cécidomyie la plus prédominante au nord tunisien. Le suivie de la dynamique de population de ces trois espèces de cécidomyies a montré quele temps d’apparition des adultes, leur densité de population et la durée des différents stades de leur développement diffèrent d’une espèce à une autre, d’une année à une autre et d’une région à une autre. Ces différences sont fortement dépendantes des conditions climatiques, essentiellement la température et la pluviométrie. En effet, les fortes précipitations (>70 mm par mois) peuvent réduire l’effectif des cécidomyies. De même, les faibles et les fortes températures peuvent diminuer le taux d’émergence des adultes des cécidomyies comme observé chez M. destructor. En effet chez la cécidomyie du blé à une température inférieure à 13°C l’émergence des adultes de cet insecte est faible à nulle parfois. En outre, une température supérieure à 23°C provoque l’entrée en diapause estivale chez ces ravageurs. Cependant, le nombre de générationset le cycle évolutif de ces insectes restent fondamentalement les mêmes. Chez les trois espèces de cécidomyies M. destructor, M.hordeiet M.avenae, 3 générations sont observées annuellement sur les cultures du blé, d’orge et d’avoine. Les deux premières générations sont complètes avec la deuxième considérée comme la plus importante et une troisième génération incomplète où on n’aperçoit pas d’émergence d’adultes. En effet, une fois la température est élevée (à partir de 23°C), les cécidomyies entrent en diapause estivale et passent l’été sous forme de pupes. L’évaluation de l’impact des cécidomyies sur les paramètres du rendement des céréales a montré que pour toutes les espèces céréalières étudiées, l’hauteur des plantes est le paramètre le plus touché suivi par l’indice de tallage et puis la biomasse sèche. L’étude de la cooccurrence des deux espèces M.hordei et M.destructor sur l’orgea montré que M. hordei est présente toute l’année sur cette culture, alors que M.destructor n’est aperçue qu’à partir du mois de mars. Dans une dernière partie, cette étude s’est intéressée à évaluer quelques moyens de lutte afin de contrôler et de minimiser les populations de ces insectes ravageurs. Des essais d’identification des sources de résistanceont montré que les variétés du blérenfermant les gènes H22, H25 et H26 sont résistantes à l’égard du biotype tunisien de la mouche de Hesse. D’un autre côté la variété d’orge Kounouz s’est montrée la moins attaquée par M. hordei par rapport aux autres variétés testées. Pour la lutte culturale, notre étude a montré qu’un semis de saison du blé et de l’orge est préconisé en Tunisie afin de minimiser les populations des cécidomyies. En effet, plus on retarde le semis plus l’infestation, le taux d’incidence et la gravité des dégâts infligés par les cécidomyies sur ces céréales sont élevées. De même, une rotation biennale avec un semis direct du blé semble être une bonne combinaison pour réduire le taux d’infestation du blé dur par la mouche de Hesse. Les résultats de cette présente étude peuvent contribuer d’une manière capitale à la mise au point et à la réussite d’une stratégie de lutte contre les cécidomyies des céréales afin de mieux gérer leurs populations et limiter leurs dégâts.