رسائل دكتوراة
French
2020
Les Interactions sémiotiques du texte et de l’image dans l’œuvre de Colette Fellous
Faten Ben Ali, Samia Kassab Charfi
كلية العلوم الإنسانية والاجتماعية-جامعة تونس · تونس
Les textes de Colette Fellous se prêtent à une lecture sémiostylistique en raison de la particularité qu’est la présence concomitante du visible et du lisible. Cette coprésence implique un dialogisme interne entre le verbal et le non verbal, dialogisme qui très souvent siège au sein d’une même page et fonctionne néanmoins comme unité homogénéisant la nature hétérogène des outils en présence. La diversité du corpus visuel (peinture, photographie, carte postales, dessin, etc.) imposait en effet une classification terminologique, typographique et rhétorique selon la visée de l’image. En effet, la photographie constitue une représentation parcellaire du réel, qui fixe des fragments de vie choisis par l’auteure, tandis que l’image picturale est cette restitution documentaire ou cette création imaginaire de l’artiste au moyen desquelles Colette Fellous s’apprprie le thème représenté et le rapproche de la réalité vécue à Tunis. Avec Colette Fellous, l’image dépasse la simple fonction illustrative et acquiert une «sémiose». Elle peut dès lors endosser certaines des fonctions du langage, dont notamment la fonction phatique. En effet, l’image chez Colette Fellous amplifie, élargit les possibilités interprétatives du récit. La relation binaire entre texte et image allie le visible au lisible afin de fabriquer un récit relatant la grande et la petite histoire. À l’inverse de la textualité de l’image, le texte de Colette Fellous se distingue par une iconicité, il est «fait» autant pour être vu que pour être lu, en particulier par le recours à des figures génératrices d’imagerie visuelle, comme l’hypotypose, l’ekphrasis et la métaphore. Cette écriture qui paraît très simple, très sobre, pourvue d’un lexique basique, se voit complexifiée, d’une manière tout à fait originale et nouvelle, par une grammaire signifiante associant image et texte, en un dispositif qui vient compenser l’apparente simplicité du lexique. Tout se passe si Colette Fellous inventait par conséquent un autre type de syntaxe narratrive. En tant que cinéphile avertie l’auteure insère plusieurs techniques cinématographiques, dans ses récits, notamment le collage, la fragmentation, la voix off, la musique, le concept «caméra-stylo». Les différents dispositifs sémiotiques produisaient une dynamisation réciproque du texte et de l’image, l’un stimulant l’autre, amplifiant la portée de sa signifiante. Ces deux éléments tendent tous deux à éclairer, à élucider la signification et à activer la perception sensorielle, parce que lire,c’est aussi ressentir, engranger des sensations visuelles, des souveirs d’images. Dès lors tous ces éléments apparentaient le texte de Colette Fellous à un texte-scénario, lui permettant presque de pré-fabriquer un film.