Effets du diéthylstilbestrol sur l'appareil reproducteur chez le rat wistar mâle adulte
Amina Cheboub
جامعة العلوم والتكنولوجيا هواري بومدين - الجزائر · الجزائر
La production d’œstrogènes par les testicules et, l’aptitude des organes reproducteurs à répondre à l’action œstrogénique, leur attribue un rôle dans l’interaction hormonale et la fonction de reproduction masculine. Plusieurs études ont pu éclaircir le rôle des œstrogènes chez le mâle, dans les périodes de vie critiques (prénatale et néonatale) mais, leur persistance chez l’adulte ouvre de larges domaines de recherche dans la régulation de la reproduction masculine. Des domaines, dont nous voulons toucher par la présente étude, dans notre laboratoire d’endocrinologie de la FSB-USTHB, en essayant de connaitre les différentes modifications structurales des organes reproducteurs en réponse à l’action œstrogénique. Pour cela, un modèle de 10 rats Wistar adultes reçoivent un traitement quotidien d’un œstrogène de synthèse, le Diéthylstilbestrol (DES), par injection intrapéritonéale à une dose de 10 µg/kg/jour pendant 7 jours. L’étude des données recueillis pendant les phases in vivo et post-mortem montrent une baisse non significative des variations de la prise hydrique, de la consommation d’aliment et du poids corporel chez les animaux recevant le DES. Cependant, une atteinte significative des poids relatifs et absolus des organes reproducteurs est obtenue suite au traitement. L’étude histologique des organes reproducteurs des individus traités, révèle une désorganisation de l’épithélium des tubes séminifères exprimée par un défaut d’alignement des spermatocytes et une hypertrophie des cellules de Leydig. Ces dernières sont intensément colorées au noir soudan. L’épithélium des canaux excréteurs et de glandes annexes présente une régression considérable accompagnée d’une désorganisation. Le tissu adipeux péri-épididymaire est plus étalé chez les rats traités avec une hypertrophie adipocytaire. Un développement de la musculature et du tissu conjonctif des glandes annexes est aussi remarqué. Sous l’effet du DES, les sécrétions des canaux excréteurs présentent une réponse négative à l’action du bleu Alcian, alors qu’elles sont fortement positifs à l’APS. L’atteinte non significative du poids corporel pourrait être corrélée avec la baisse de consommation d’aliment suite au traitement au DES. La régression significative des poids absolus et relatifs ainsi que celle, des épithéliums des organes reproducteurs des animaux traités au DES serait due feed back négatif qu’exercerait les taux élevés d’œstrogènes sur les taux circulants de la LH et la FSH. L’accumulation de lipides dans les cellules de Leydig pourrait être une preuve de l’arrêt de synthèse d’androgènes suite à ce rétrocontrôle négatif. La désorganisation de l’épithélium germinatif ainsi que celui, des canaux excréteurs et des glandes annexes serait une réponse à l’action du DES sur l’architecture cellulaire de ces organes, notamment les filaments cytosquelettiques. La réponse négative des sécrétions des canaux excréteurs au bleu Alcian et hautement positive à l’APS serait due à une éventuelle modification du pH acide des muco-sécrétions en un pH neutre. L’épaississement de la couche fibromusculaire lisse des glandes annexes peut être à l’effet prolifératif qu’exerceraient les œstrogènes via l’ERα à ce niveau. La régression épithéliale accompagnée de l’hypertrophie musculaire lisse des glandes annexes témoigne de l’action contradictoire des œstrogènes. En somme, les œstrogènes interviennent dans la régulation de la spermatogenèse, la stéroïdogenèse, l’équilibre acidobasique des conduits excréteurs et le développement de tous les organes reproducteurs. L’excès d’œstrogènes affecte considérablement la fonction de l’appareil reproducteur mâle causant, une désorganisation structurale et par conséquent, une désorganisation de la fonction de reproduction