Les Troubles bipolaires chez l’adulte
إحسان العباس, إيمان تازي
كلية الطب والصيدلة - مراكش-جامعة القاضي عياض · المغرب
Les troubles bipolaires (TB) ou maladies maniaco-dépressives correspondent à des perturbations de l’humeur à spectre large, survenant sous forme d’accès répétitifs caractérisés par leur grand polymorphisme clinique. Notre étude rétrospective a été réalisée au sein du service psychiatrique du centre universitaire hospitalier Mohammed VI à Marrakech sur 100 dossiers de patients hospitalisés au service, entre 2004 et 2007, pour les TB diagnostiqués selon les critères de DSMIV; avec l'objectif de déterminer la prévalence du TB et d’étudier son profil évolutif et pronostic. Une fiche d'exploitation préétablie a permis l'étude des caractéristiques sociodémographiques, des antécédents psychiatriques, toxiques et judiciaires ainsi que des caractéristiques cliniques, thérapeutiques et modalités évolutives du TB. L’analyse des résultats a permis de dégager les résultats suivants : 9,92% avaient un TB parmi les 1008 patients hospitalisés au service durant la période de l’étude. 57% avaient débuté la maladie avant 25 ans mais le diagnostic ne fut posé qu’après en moyenne 51,72 mois. L’âge de début précoce était associé à plus d’épisodes maniaques avec idées délirantes, à la présence d’antécédents familiaux psychiatriques ainsi qu’à l’abus de substances (mais ces résultats n’étaient pas significatifs P>0,05), notamment lors des accès, retrouvé chez 49% des patients. Le tabac et le cannabis étaient les plus consommés (43% et 34% respectivement). L’usage de toxiques était plus prévalent chez les hommes, chez les patients ayant eu des antécédents judiciaires, et était lié à un important dysfonctionnement socioprofessionnel, avec des corrélations significatives (P<0,05). Des tentatives de suicides ont été rapportées chez 6% des patients, sans que celles-ci ne soient influencées ni par l’âge de début du trouble, ni par la consommation de substances (P>0,05). Les récurrences thymiques étaient majoritairement de nature maniaque et avaient un caractère saisonnier dans 37% des cas avec prédominance estivale. En conclusion, la précocité de début du trouble bipolaire, et les problèmes d’abus de substances qui y sont souvent associés, ayant un impact sur le pronostic, devraient impérativement être tenues en compte en vue d’une prise en charge précoce et globale de la maladie.