Impact de l’irrigation sur la distribution spatiale du carbone organique dans les sols d’une palmerie dans la région de Ghardaïa: cas d’El-Atteuf = Impact of Irrigation on the Spatial Distribution of Soil Organic Carbon in the Ghardaïa Region (Case of El-Atteuf
Aicha Cheikhi, Amel Herouini, Imane Hamel , Maroua Adjila
كلية علوم الطبيعة والحياة وعلوم الأرض-جامعة غرداية · الجزائر
La matière organique du sol joue un rôle fondamental dans la fertilité, la stabilité structurale et la rétention d’eau, surtout dans les zones arides où elle est essentielle à la durabilité des systèmes agricoles. Cette étude a été réalisée dans le périmètre du barrage El-Ahbass à El-Atteuf (Ghardaïa, sud de l’Algérie), une région oasienne marquée par un climat aride et des sols pauvres en carbone organique, et irriguée selon un système traditionnel. L’objectif principal était d’évaluer l’impact de l’irrigation sur le carbone organique du sol (COS) et certaines propriétés physico-chimiques. Pour cela, 80 échantillons ont été prélevés autour de 40 palmiers à une profondeur de 0–30 cm, avant et après l’irrigation;L’étude des paramètres physico-chimiques pour évalue la qualité d’eau d’irrigation montre que l’eau souterraine est neutre à légèrement basique(pH 7,2), mais présente une salinité élevée(CE = 6,06 dS/m), ce qui peut poser problème pour l’irrigation, surtout pour les cultures sensibles. Le SAR de 4,24 indique un risque modéré de sodification des sols.L’analyse du carbone organique du sol a montré que les teneurs ont augmenté dans plusieurs zones irriguées,atteignant jusqu’à 1,13 %, notamment sous les palmiers où l’humidité et les résidus organiques se sont accumulés. Le sol présente un caractère alcalin avec un pH (entre 8 et 9)et une augmentation de la conductivité électrique (de 0.2 à 0.31 dS/m), traduisant une accumulation de sels après l’apport d’eau.Cependant, l’analyse spatiale a misen évidence une redistribution du carbone : les zones proches du puits et en pente plus dans le nord-ouest jusqu’à le sud, ont montré une perte en COS due au ruissellement, tandis que les zones basses ont enregistré une concentration plus élevée. Ces résultats confirment que l’irrigation, bien qu’elle améliore localement l’humidité et l’activité biologique, peut aussi entraîner un lessivage du carbone selon la topographie et l’intensité de l’écoulement. L’étude souligne ainsi l’importance d’une gestion adaptée de l’eau et des matières organiques dans les zones arides, pour préserver la qualité des sols et favoriser leur résilience à long terme.