Etude des désordres immunopathogéniques au cours de la polyarthrite rhumatoïde : implication des cytokines et de la voie NOS/Arginase
Touil Boukoffa Chafia , Amina épse Arroul Lammali
كلية العلوم البيولوجية-جامعة العلوم والتكنولوجيا هواري بومدين - الجزائر · الجزائر
La polyarthrite rhumatoïde(PR) est une maladie auto-immune,caractérisée par une inflammation chronique au niveau de lamembrane synoviale des articulations, aboutissant à la destruction du cartilageet àl’érosion de l'os. Les facteurs impliqués dans les disfonctionnements immunitaires et leur longévité seraient la résultante d’un déséquilibre fonctionnel de la balance immunitaire aboutissant à l’émergence de bio-médiateurs tels que le monoxyde d’azote (NO) et les cytokines, notamment l’IL-6. D’autre part, l’arthrite expérimentale à adjuvant (AEA) est un modèle bien établide la polyarthrite rhumatoïde chez l’Homme, offrant l’avantage d’une étude d’ensemble des mécanismes impliqués dans l’induction et la perpétuation des rhumatismes inflammatoires. Ainsi, les objectifs visés à travers notre étude ont pour but de cibler en premier lieu, l’implication du NO dans les mécanismes inflammatoires et immunitaires observés au cours de la PR et d’analyser l’effet immuno-modulateur des cytokines (IL-6 et IL-1β) et immuno-régulateur de l’acide rétinoïque tout-trans (ATRA) et de Nigella sativa (N.S.)sur la voie de la NOSynthase inductible (iNOS), dans les mécanismes immuno-inflammatoires mis en jeu au cours de cette pathologie. En second lieu, nous nous sommes intéressés à la mise au point d’un modèle expérimental d’arthrite à adjuvant chez le rat Wistar. Et ce afin d’étudierla production du NO et de l’urée en parallèle avec l’évolution des signes cliniques de l’arthrite, ainsi que pour analyser l’effet anti-inflammatoire et protecteur de l’extrait aqueux de N.S.sur le développement des manifestations caractéristiques de l’arthrite.Nos résultats portant sur une cohorte de patients atteints de PR ont permis la mise en évidence de l’engagement effectif et actif du NO aussi bien ex-vivoqu’in vivo dans la pathogenèse et la progression de cette maladie. Nous avons noté avec intérêt que l’IL-6 et l’IL-1β modulaient positivement la production du NO et l’expression de l’iNOS, alors que l’ATRA les régulait négativement et ce, via la voie NF-κB. De plus, l’étude de l’effet combinatoire de l’IL-6 et de l’ATRAsur les PBMCs des patients a suggéré un effet régulateur de l’ATRA sur la production du NO et l’expression de l’iNOS induites par l’IL-6. Par ailleurs, N.S. régulerait également négativement la production du NO mais n’aurait aucun effet sur l’expression de l’iNOS et l’activité du NF-κB, suggérant un effet immuno-modulateur de N.S. sur l’activité de l’iNOS et non sur son expression.De manière intéressante, dans la deuxième partie de notre étude, nous avons noté une importante production in vivo du NO et de l’urée durant l’AEA chez le rat Wistar, traduisant l’implication des voies iNOS et Arginase dans la pathogenèse de l’AEA. Par ailleurs, une importante diminution de la production du NO et de l’urée ainsi que l’absence de signes cliniques de l’arthrite ont été notés suite au traitement des animaux avec l’extrait aqueux de N.S. Ces données traduisent un effet immuno-modulateur exercé par N.S. sur l’activité de la iNOS et de l’arginase au cours de l’AEA. Nos résultats ouvrent des perspectives très prometteuses quant à l’utilisation thérapeutique de l’acide rétinoïque ainsi que de Nigella sativa au cours de la P