Essai d’analyse de l’apport de la politique de régulation des dépenses de médicaments dans la rationalisation des dépenses de santé en Algérie
Ali ziane Mohand Ouamar , Ziani Zoulikha
كلية العلوم الاقتصادية والتجارية والإدارة-جامعة عبد الرحمان ميرة - بجاية · الجزائر
Depuis quelques années et dans la plupart des pays, les dépenses de santé ont connu une évolution importante, celles-ci croissent à un rythme historiquement supérieur à celui du PIB. Cette situation a donné naissance à l’instauration des politiques de maîtrise des dépenses de santé, qui est affichée partout comme l’un des éléments majeurs d’une politique de santé. En Algérie, à l’instar des autres pays, le problème de la forte croissance des dépenses de santé se pose avec acuité ces dernières années. L’Algérie a connu l’émergence du problème des coûts de la santé et de leur évolution alarmante à partir de la fin des années 1980, suite au ralentissement de la croissance économique et à la contraction des ressources nationales ainsi qu’aux difficultés de financement des caisses de la sécurité sociale. Le médicament constitue une large proportion des dépenses de santé voire l’un des postes les plus importants pour arriver à une maitrise des dépenses de santé. Ce poste est à l’origine d’un accroissement des dépenses de santé et pourra être même à l’origine d’un éventueldéficit structurel. Conscient de l’ampleur de ce phénomène et de ses résultats sur les systèmes et les politiques de santé, les pouvoirs publics algériens ont mis en œuvre différentes mesures notamment l’encouragement de la consommation du médicament générique avec l’instauration d’un tarif de référence sur lesquels se base, désormais, les remboursements desmédicaments, le déremboursement et l’encouragement de la production nationale. Cependant, les résultats escomptés de cette politique n’ont pas été atteints et les dépenses de santé continuent à connaître des accroissements considérables. Ces mesures engagées s’appuient davantage sur la maitrise de la demande via le ticket modérateur, le tarif de référence et le déremboursement de médicaments. Les mesures envisagées agissent, essentiellement beaucoup plus sur la demande et très peu sur l’offre. Néanmoins, certains outils de régulation, malgré leur importance en tant qu’instrument de maitrise des dépenses, ne sont pas pris en considération. Il s’agit notamment de la régulation des métiers particulièrement sur le plan d’encadrement des prescriptions.