Contribution à l'étude géologique et gitologique des minéralisations à Pb-Zn, Fe (Ba-Sr) d'El Ouasta : Atlas Saharien oriental, Algérie
Omar Haddouche, A. Boutaleb
كلية علوم الأرض والجغرافيا وتهيئة الإقليم-جامعة العلوم والتكنولوجيا هواري بومدين - الجزائر · الجزائر
En marge de la chaîne atlasique orientale, la région d’El Ouasta correspond à la moitié ouest du plus septentrional des anticlinaux à cœur diapirique appartenant au bâti atlasique du NE de l’Algérie. Cette région recèle des concentrations polymétalliques à Pb-Zn, Fe (Ba-Sr) dont leur proximité par rapport au Trias intrusif en fait un exemple type de gîtes péridiapiriques. Ces concentrations se trouvent encaissées dans la couverture crétacée ou bien liées à la partie corticale du diapir d’El Ouasta, intensément affectés par la tectonique néogène. L’examen géologique et gîtologique de ces concentrations minérales montre globalement la même paragenèse (pyrite, marcasite, sphalérite, galène, barytine, célestine) qui se présente sous trois aspects : · Une minéralisation stratiforme dans les lamines carbonatées riches en matière organique de la formation Bahloul (passage Cénomanien-turonien). Ce type de minéralisation est caractérisé par la finesse des minéraux sulfurés disséminés dans les lamines biomicritiques ou bien occupant le cœur des cristaux de dolosparites diagénétiques. · Une minéralisation sous forme d’amas stratoïde dans la zone de transition Trias-Crétacé qui correspond à la zone corticale externe du diapir d’El Ouasta. Elle est caractérisée par l’apparition de minéraux sulfatés (barytine I et célestine I) et d’une pyrite précoce, associés à une brèche carbonatée de dissolution. Celle-ci, est caractérisée par la présence de minéraux néoformés (quartz à inclusions d’anhydrite, dolomite porphyroblastique et phyllites) typiques des séries triasiques d’enfouissement. Cette minéralisation intervient tôt à partir des phénomènes de dissolution-recristallisation et représente une partie intégrante de l’évolution du « cap-rock ». · Une minéralisation tardive de cassures, en amas bréchiques et en veinules, bien marquée au niveau de la mine d’El Ouasta anciennement exploitée pour le Zn-Pb. Elle est liée à une fracturation de direction principalement E-W, NW-SE et NE-SW, affectant la couverture crétacée et les formations triasiques. Les résultats de l’étude des inclusions fluides effectuée sur le quartz associé aux sulfures et aux sulfates, montrent un chimisme complexe (système H2O, NaCl, Ca Cl2 : T° eutectique de -50 à –55C°) et d’autres parts des températures d’homogénéisation relativement élevées (+130 à +180C°) similaires aux résultats des inclusions fluides liées aux minéralisations tardives de l’Ouenza, Mesloula et Hameimat (Akrour, 1991). La localisation de concentrations minérales dans un bassin subsident à proximité d’un haut fond contrôlé par l’activité diapirique, suggère le dépôt d’une minéralisation syn-diagénétique de type « SEDEX » pendant ou peu après la sédimentation de Bahloul. Ces dépôts se faisaient en même temps ou bien après ceux de la formation corticale du diapir d’El Ouasta « type cap-rock ». En fin, une remobilisation tectonique après la fermeture du bassin à l’Eocène-Miocène, ménage des fractures ouvertes qui seront le réceptacle d’une minéralisation de même nature.