Les interactions entre les parasites (Toxoplasma gondii et Haemonchus contortus) et la fonction de reproduction chez les ovins
Mohamed Gharbi, Mariem Rouatbi, Mourad Rekik
المعهد الوطني للعلوم الفلاحية - تونس-جامعة قرطاج · تونس
La fonction reproductive est affectée par plusieurs contraintes de l’environnement dont les troubles de santé. Chez les petits ruminants, l’interaction entre le statut parasitaire et la fonction reproductive a été peu étudiée. L’objectif de ce travail était dans un premier lieu d’estimer la prévalence moléculaire de l'infection par T. gondii dans la viande ovine dans la région de Sidi Bouzid (centre de la Tunisie). L’étude des facteurs de risque et l’analyse phylogénétique ont été également réalisées. L'ADN de 174 brebis de race Barbarine et Queue Fine de l’Ouest abattues à l'abattoir de Sidi Bouzid a été extrait. Une PCR nichée utilisant deux couples d'amorces (NN 1 et NN2, Tg-NP1 et Tg-NP2) a permis la détection de l'ADN de T. gondii dans 31% des animaux. La prévalence de l'infection chez les animaux appartenant à la race Queue Fine de l’Ouest avait une tendance à être plus élevée que chez les animaux de la race Barbarine. Pour l'âge et la localité, aucune variation significative de l'infection par T. gondiin'a été enregistrée. Quatre amplicons de T. gondiiont été séquencés et ont montré une homologie de 100% entre eux. Une des séquences partielles du gène ADNr ITS1 de T. gondii trouvée dans cette étude a été déposée dans le GenBank sous le numéro d'accès KT896498. Les quatre amplicons séquencés ont partagé 97 à 99,2% d’homologie avec des séquences présentes dans GenBank provenant d'autres pays. Un arbre phylogénétique a ensuite été élaboré et montre que notre amplicon se regroupe avec les autres séquences de T. gondii disponibles dans la banque des gènes dans un clade unique. Les appareils génitaux de brebis et d’agnelles, présentant l’ADN de T. gondii dans leur viande ont été découpés en quatre parties (le corps de l’utérus, les cornes de l’utérus, les ovaires et le vagin) et l’ADN en a été extrait. Presque tous les animaux testés (95,24%) ont présenté une ou plus qu’une partie de leur tractus génital infectées par T. gondii. Entre les quatre parties analysées (Corps, cornes, ovaire et vagin), il n’avait pas de différence statistiquement significative de cette infection (p = 0,40). Dans une deuxième partie, la prévalence moléculaire de l'infection naturelle par T. gondii dans la semence de béliers dans différentes régions de la Tunisie a été estimée. Une approche sérologique et certains facteurs derisque tels que la localité, la race et le nombre de saisons de lutte ont été étudiés. Un nombre total de 92 échantillons de sang et de semence ont été prélevés. La sérologie a montré une prévalence de 39,13% (±9,97). La détection de l’AD de T. gondiia révélé une prévalence de 51,09% (±10,21). La localité, la race et le nombre de saisons de lutte affectent de manière significative la séroprévalence ainsi que la prévalence moléculaire de T. gondii(p <0,05). Une prévalence moléculaire de 90% a été enregistrée chez des béliers ayant accompli 6 saisons de lutte. La concordance entre l’ELISA et la PCR par un test Kappa a révélé une concordance faible entre les deux techniques. Enfin, l'effet de l'infestation expérimentale des béliers par Haemonchus contortus sur les paramètres hématologiques, biochimiques, cliniques, la note d’état corporel, le poids vif, la circonférence scrotale, les paramètres spermatiques, les concentrations plasmatiques de LH et de testostérone et le comportement sexuel a été étudié. Un nombre total de 12 béliers appartenant à la race Barbarine (Témoins et Infestés) ont été inclus dans cette étude. Le groupe infesté a reçu oralement 30 000 larves H. contortus au stade 3. L'éjaculat de chaque bélier a été immédiatement évalué pour le volume, la note de motilité massale et individuelle, la concentration, le pourcentage de mortalité et les anomalies. À la fin de l'essai, des échantillons de sang en série ont été recueillis afin d'évaluer les concentrations plasmatiques de testostérone et de LH. Chez les béliers infestés, l'hématocrite, le nombre d’érythrocytes et l'hémoglobinémie ont commencé à chuter à partir du 21ème jour post-infestation. Il y a eu un effet statistiquement significatif du temps (p = 0,044) et de l'infestation (p = 0,002) pour l'albuminémie. Aucun effet significatif de l'infestation, du temps et de l'interaction entre l’infestation et le temps n’a été enregistré pour le poids et la circonférence scrotale (p > 0,05). L’infestation et le temps ont eu un effet statistiquement significatif sur la concentration en spermatozoïdes ainsi que sur le taux de mortalité des spermatozoïdes qui était significativement plus élevé chez les animaux infestés (p<0,05). Les caractéristiques de sécrétion de la testostérone (concentration moyenne, niveaux cumulés pendant la période d'échantillonnage, nombre de pulses) étaient tous déprimés chez les béliers infestés par rapport au lot témoin. Aucun de ces traits endocriniens n'a été affecté pour la LH plasmatique.